Lune de miel à Angkor Wat (1/2)

Le plus lointain souvenir que je garde de lui… mmm, certainement cette image marquante. Nous devions être âgé de 9-10 ans. Mes parents et moi venions de quitter son domicile familial, à Saint-Sauveur. Tout juste avant d’embarquer dans la voiture, je me suis tournée vers sa maison. Et à la fenêtre de la chambre des maîtres, j’ai aperçu une petite tête surgir des rideaux. C’était lui. Il nous regardait partir. En fait, j’espérais secrètement qu’il me regarde partir, moi. Comme il était mignon! Comme j’appréciais sa compagnie!

Nous nous voyions quelques fois par année, avec ses parents. J’attendais gaiement ces réunions. Nous passions de si bons moments! Nous étions nous-mêmes, nous nous amusions, sans prétention. Ça cliquait! Ce n’était que du positif, chaque fois.

Un jour, il m’a tendu un bracelet brodé en tissu, avec un joli sourire aux lèvres. Je croyais que c’était lui qui l’avait fait. Ben non! Peu importe. C’est le premier cadeau que m’a offert un garçon. Je l’ai gardé très longtemps!

Les années ont passé. On se revoyait en famille ici et là. Les enfants que nous étions jadis sont devenus des ados, et malgré le passage du temps, la chimie était toujours bien présente entre nous.
Il a eu des copines, j’ai eu des copains, mais nous ne nous sommes jamais fréquentés. Pourtant, j’aurais bien aimé sortir avec lui! Mais j’étais tellement coincée et peu sûre de moi; incapable de lui en parler.

En tout cas, un jour, alors que nous étions désormais de jeunes adultes, quelle ne fut pas ma (bienheureuse!) surprise lorsqu’il me proposa de sortir. Inutile de vous dire que j’acceptai avec grand plaisir!

La soirée s’amorça dans un petit restaurant asiatique. Wow, un tête-à-tête avec Pedro, sans nos parents! J’avais les papillons au ventre. En même temps, une partie de moi doutait de la situation. « Sommes-nous ici en amis ou plusss? », me demandais-je.  Heureusement, j’allais obtenir la réponse quelques heures plus tard, alors que nous dansions dans une boîte de nuit. Pedro m’a pris par la taille et embrassée délicieusement! WoWoWw… Loved it! C’est ce que j’attendais depuis longtemps, sans jamais oser prendre les devants.

Or, après cette soirée… paf, plus rien. Nous ne sommes plus contactés. Il ne m’a pas donné de nouvelles, et moi non plus. J’attendais un signe de sa part, en vain.

Les années ont filé. J’ai continué à voir ses parents en compagnie des miens, comme jadis, mais il n’était plus là. Et je me demandais: mon cher Pedro, qu’est-il arrivé, pourquoi n’y a-t-il pas eu de suite? Sans jamais pourtant lui demander…

Quatre ans après ce fameux rendez-vous, je le revis enfin au mariage de ma sœur. « Hey, je suis heureuse de te revoir! » lui ai-je lancé lorsque nous nous sommes croisés. On n’a pas beaucoup échangé ce jour-là. J’étais en couple, et mal à l’aise. Le fait de ne pas l’avoir revu depuis quatre ans, après cette soirée… pourquoi? pourquoi? pourquoi, dis-moi, Pedro? Or, sans communication, on ne peut pas deviner, hein!

Eh bien, croyez-le ou non,  il a fallu dix autres années pour que le destin nous réunissent à nouveau. Et ce, dans un contexte des plus tristes. Sa mère est décédée d’un cancer foudroyant. J’appréciais bien cette femme douce, réservée, que je connaissais depuis 25 ans. Je n’allais manquer ses funérailles pour rien au monde! Ce jour-là, je revis bien sûr son fils. Quatorze ans après notre fameuse date, je peux vous dire qu’il était toujours aussi fringant!
Dans mon cœur subsistait encore un certain malaise. Tant d’années sans lui parler, après s’être échangé un baiser, tout de même… Or, à la fin de la journée, je m’avançai vers lui et on discuta enfin. « Hey, on devrait faire de quoi! » m’a-t-il lancé. Je peux vous dire que ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde.

Ce n’est pas un hasard si, quelques semaines plus tard, nous allâmes déjeuner avec nos pères respectifs. « Je vais vous accompagner. Invitons donc Pedro! », avais-je proposé à mon patriarche. J’étais un peu nerveuse à l’idée de le revoir. Après tout, qu’allions-nous bien pouvoir nous dire après tout ce temps?

Ce fut une très belle rencontre. Comme quoi il faut oser dans la vie, sinon on peut passer à côté de fort jolis moments!
Nous avons parlé longuement.  J’étais ébahie de constater à quel point nous semblions partager des opinions, des visions communes sur tant de choses. La cerise sur le sundae: nous réalisâmes que nous voulions tous les deux faire des films de voyage. Whatttt??? Pedro Almodovar, sors de ce corps!!!
Et bien que 14 ans s’étaient écoulés depuis notre unique rendez-vous, Pedro restait ce fameux Pedro pour qui j’avais toujours eu le béguin.

Deux semaines plus tard, nous allâmes souper en tête-à-tête, sans nos papas. Nous ne nous sommes pas embrassés, mais ce n’est pas l’envie qui manquait de mon côté, aie, aie, aie. Malgré toutes ces années passées, il faut croire que j’étais toujours un peu coincée en sa compagnie, mouahaha! Mais nooooon, ce n’était tout simplement pas le meilleur moment!

Qu’importe. Cette soirée là, wow. Non seulement ce beau mec me plaisait toujours, 25 ans après que j’aie aperçu sa petite tête surgir d’un rideau par la fenêtre de sa maison, mais je réalisais, en plus, à quel point nous étions vraiment, beaucoup, passionnément sur la même longueur d’ondes. Call it chemistry. Un ingrédient magique en amour.

Quelques jours après cette rencontre stupéfiante, enivrante, je lançais à tout le monde, avec ma fougue légendaire, que je voulais me marier avec lui. Oh my gooooood! He’s my man! D’autant plus que, lors de ce souper en tête-à-tête dans un restaurant – non asiatique – il me proposa d’aller le retrouver à Angkor Wat, au Cambodge, en Asie, prochainement. « Tu pourrais venir me rejoindre avec ton fils! » Euuuuuh… ouiii, Pedro Almodovar, ce serait comme un double rêve qui se réaliserait! Découvrir enfin ce temple, et voyager avec toi, oh myyyy!

« On se revoit la semaine prochaine? » me proposa-t-il à la fin de notre souper.

« Bien sûr, bien sûr, » murmurai-je, doucement, alors que dans mon for intérieur, je jubilais.

J’avais l’impression que le destin, après tout ce qu’il venait de nous faire subir, nous tendait la main.

La semaine suivante, nous nous rencontrèrent de nouveau, tel que proposé, et ce fut enlevant. Il m’invita au mariage de son ami le lendemain, et ce fut le commencement d’une histoire bien spéciale…

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